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Des usages de la maquette dans la proposition commerciale

Le 30 08 2007 dans La vie de l'agence | Commentaires fermés sur Des usages de la maquette dans la proposition commerciale

Où l’on discutera de la pertinence de joindre des maquettes à une proposition commerciale : travail gratuit ou poudre aux yeux ?

Dans la course à l’avantage concurrentiel, la surenchère est de mise, chacun y allant de son petit plus, ce qui est bien légitime. À la question : « faut-il inclure des maquettes dans une proposition commerciale ? », la réponse peut être discutée. Voici donc mon opinion sur la question (opinion que je partage et qui n’engage, évidemment, que ma propre personne).

Tout d’abord, définissons les contours du sujet : il arrive parfois (souvent ?) qu’un commanditaire exige dans son appel d’offres de recevoir conjointement au devis une maquette représentant la page d’accueil du futur site et ses éventuelles déclinaisons, de manière plus ou moins aboutie. À l’inverse, il arrive aussi que le prestataire fournisse ladite maquette à sa propre initiative.

À première vue il peut sembler anodin de proposer une maquette dans un devis : cela prouve qu’on connaît son métier, qu’on a des idées et qu’on possède les outils afin de les mettre en oeuvre (ce qui est déjà un bon début…). Soit.

La réponse faite par le prestataire possède une gradation de niveaux, en fonction du temps et du sérieux qu’il aura mis pour réaliser cette maquette. Ce facteur étant connu du seul prestataire, on peut postuler que pour le client final une maquette c’est une maquette, peu importe qu’on y ait passé trois minutes ou trois semaines.


Mais si on se penche de plus près sur la question, voyons les enjeux que cela implique : la préparation de la maquette n’est pas un exercice anodin. Cela prend du temps mais surtout cela nécessite une connaissance réelle et approfondie des attentes et des besoins du commanditaire. Et cette connaissance ne peut être acquise à la seule lecture du cahier des charges (si tant est qu’il existe !). A mon sens la réalisation de la moindre maquette ne peut être effectuée qu’après une (voire plusieurs) réunion préparatoire menée avec le client, dans laquelle on va tâcher de mettre en évidence ses attentes (ce qu’il a rédigé dans le cahier des charges), mais aussi ses besoins, et au cours de laquelle le prestataire se doit d’être force de proposition en apportant ses idées, son point de vue et sa propre expérience. C’est seulement à l’issue d’un processus de maturation que le prestataire sera en mesure de fournir une maquette présentant un réel intérêt, un matériau qui servira de base aux prochaines discussions.

Certes, il est toujours possible de griffonner en cinq minutes chrono une maquette sur un coin de table en recyclant les bonnes recettes du passé, mais cet acte n’apporte rien en soi à part un peu de poudre aux yeux. Malheureusement certains se laissent facilement piéger par cet artifice.

Pour résumer : une maquette ça ne se fait pas à la légère, cela prend du temps, de la réflexion, et ce n’est pas gratuit. Un peu comme en psychanalyse, où l’acte de payer fait partie intégrante du processus. La maquette ne doit pas être le « petit plus » qui fait pencher la balance. Certains prestataires l’ont compris et se battent pour ne pas brader leur travail, ce qui reviendrait au fond à se brader eux-mêmes. D’autres, consciemment ou non, jouent le jeu de la banalisation du travail gratuit.

Le commanditaire doit se sensibiliser à cette problématique et agir de manière responsable dans sa consultation : achète-t-il un prix ou une prestation ? Veut-il du clinquant ou une vraie réflexion ?